En novembre 2019, le ministère des Solidarités et de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont précisé la nature de la réforme des études de santé. Spécialisée en classes préparatoires aux concours médicaux et paramédicaux, l’équipe pédagogique de CEPSUP fait le point.

Pourquoi une réforme des études de santé ?

Jusqu’en 2019, c’est en très grande majorité via la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé) que sont admis les étudiantes et étudiants en études de santé. Cet accès est toutefois contrôlé depuis plusieurs décennies : le numerus clausus dicte chaque année le nombre d’étudiants autorisés à poursuivre leurs études de médecine, d’odontologie, de pharmacie ou de maïeutique en 2ème année.

 

Chaque année, environ 40 000 néo-bacheliers s’engagent en PACES. Sur ce nombre, seul un tiers est admis au-delà de la 1ère année, le plus souvent après un redoublement. Les deux tiers restant, eux, se réorientent :

  • soit dans des filières proposées par la même université
  • soit en dehors

 

En septembre 2018 déjà, Emmanuel Macron se disait contre ce système d’admission. Pour le président de la République, cette sélection drastique ne répond ni aux attentes des étudiants, ni à celles des personnes soignées, ni à celles de la société dans son ensemble.

 

Les quatre objectifs affichés par le Gouvernement

Pour mieux former, mieux orienter et mieux insérer les futurs professionnels de la santé, la réforme des études de médecine promulguée en 2020 s’est donc fixé quatre grands objectifs :

  • le 1er : « améliorer l’orientation et la réussite des étudiants dans la continuité du plan étudiants« 
  • le 2ème : « adapter les compétences des futurs professionnels aux besoins du système de santé pour soutenir sa transformation« 
  • le 3ème : « décloisonner les filières de santé et permettre des temps de formation en commun« 
  • le 4ème : « améliorer la qualité de vie et le bien-être des étudiants« 

Deux grands changements pour la réforme de médecine 2020

Cette réforme de la PACES 2020 et les grands objectifs qui l’accompagnent impliquent deux changements majeurs pour les candidats. Ces changements sont :

  1. de nouvelles voies d’admission dans les études de santé
  2. un processus de sélection mis à jour

 

1er changement : de nouvelles voies d’admission dans les études de santé

Avec cette réforme, les lycéens pourront choisir entre plusieurs parcours prévus au lieu d’un seul (la PACES, qui disparaitra dès la rentrée 2020). Ce choix doit leur permettre de candidater deux fois dans les études de santé après une, deux ou trois années de premier cycle.

 

L’étudiant qui souhaite exercer en médecine, odontologie, pharmacie ou maïeutique pourra toujours candidater dans un parcours d’accès santé « classique ». Désormais, cette filière n’est plus appelée PACES mais PASS. La grande majorité des cours dispensés en PASS concerne la santé ; toutefois, l’étudiant choisira au sein de ce parcours une option qui lui permettra de poursuivre en 2ème année de Licence s’il n’est pas admis dans une filière de santé.

 

À l’inverse, les étudiants pourront écarter PASS au profit d’une Licence, quelle qu’elle soit, comprenant une option « accès santé ». Ce mode est appelé L. AS. Si la filière PASS ne sera proposée que dans des universités bénéficiant d’une faculté de santé, ce n’est pas le cas de la filière L. AS, qui pourra être suivie dans un nombre d’établissements plus large. S’il est admis en santé, l’étudiant rejoindra en 2ème année une faculté de santé.

 

2ème changement : un processus de sélection mis à jour

C’était la promesse d’Emmanuel Macron en 2018 déjà : faire disparaitre le numerus clausus. Dans sa forme stricte, c’est chose faite : le nombre d’étudiants admis en 2ème année d’études de santé ne sera plus défini par décret gouvernemental. En effet, chaque université déterminera, en lien avec son agence régionale de santé, le nombre d’apprenants admis chaque année dans chaque filière de santé. L’ambition est de mieux répondre aux besoins locaux.

 

Le concours PACES tel qu’il a existé pendant de nombreuses années – autrement dit une sélection basée exclusivement sur des QCM – disparait avec le numerus clausus. Les étudiants seront sélectionnés sur leurs résultats dans leur parcours de formation (L. AS ou PASS) et, pour certains, sur des épreuves complémentaires, dont des épreuves orales. Attention donc : les études de santé restent particulièrement sélectives. Les modalités des épreuves seront précisées par chaque université.

PASS : comprendre le parcours spécifique santé

Un bachelier peut choisir le parcours spécifique santé appelé PASS. Il devra également choisir une option telle que le droit, les langues ou encore la biologie. Si l’étudiant valide sa 1ère année, il peut candidater aux études de médecine, d’odontologie, de pharmacie ou de maïeutique. Deux choix s’offrent alors à lui :

  • étudier directement la filière de santé de son choix
  • consacrer une année supplémentaire à son option et candidater de nouveau, ultérieurement, à la filière de santé qui l’intéresse

 

Que se passe-t-il en cas d’échec en PASS ?

À l’inverse, s’il ne valide pas sa 1ère année, l’étudiant ne peut pas candidater à ces différents cursus et ne peut pas non plus redoubler sa 1ère année. Dans ce cas de figure, il doit alors se réorienter via Parcoursup.

L. AS : comprendre la Licence avec une option santé

Au lieu de la filière PASS, un bachelier peut choisir une Licence correspondant à ses projets et ses points forts (exemples : droit, économie, histoire, SVT…) mais comprenant une option dite « accès santé« . Ce modèle, c’est la L. AS pour « Licence Accès Santé« .

 

Là aussi, l’étudiant peut valider sa 1ère année ou, à l’inverse, échouer aux examens. S’il valide sa 1ère année, il peut candidater dans la ou les filières de santé qui l’intéressent. Il est alors admis en 2ème année de médecine, d’odontologie, de pharmacie ou de maïeutique ou, s’il le souhaite, il candidate de nouveau aux études de santé qu’il vise après au moins une année supplémentaire dans sa Licence d’origine.

 

Que se passe-t-il en cas d’échec en L. AS ?

À l’inverse, s’il ne valide pas sa 1ère année de Licence, l’étudiant ne peut pas candidater aux études de santé. Il peut alors, au choix :

  • redoubler sa 1ère année
  • se réorienter via Parcoursup

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