En septembre 2018, le gouvernement a officialisé son projet de réforme des études de santé.

Spécialisées en classes préparatoires aux concours médicaux et paramédicaux, l’équipe pédagogique de CEPSUP le point sur les informations disponibles concernant la réforme.

■ Le “Portail santé” va-t-il remplacer la PACES ?

Aux premières heures de sa réforme de la santé, le gouvernement avait manifesté le souhait de remplacer la Première année commune aux études de santé (PACES) par un premier cycle universitaire généraliste. L’ambition ? Ne plus procéder à une sélection drastique dès la fin de la première année post-bac, mais préférer un écrémage des étudiants à partir de leur première année jusqu’à leur troisième année d’études.

Toutefois, les universitaires ont souligné l’impossibilité de gérer des flux aussi importants d’étudiants dans une discipline encore en germe : les sciences de la santé. Le groupe de travail s’est donc mis d’accord sur un système de sélection d’au moins la moitié des aspirants médecins (de 50 % à 70 % selon L’Obs) à l’issue d’une nouvelle première année. Outre une appellation différente – le nom “Portait santé” supplanterait celui de “PACES” –, cette nouvelle première année ne permettrait aucun redoublement.

Dans la pratique :les étudiants n’ayant pas obtenu la moyenne devraient s’inscrire dans une autre licence les étudiants ayant reçu une moyenne suffisante pour valider leur année mais insuffisante pour passer en deuxième année seraient réorientés vers une licence universitaire proposée par leur université.

 

 

Qu’est-ce que la “mineure santé” et en quoi va-t-elle impacter les études de médecine ?

La mineure santé constitue la principale innovation de la réforme des concours de médecine. Avec elle, des étudiants en matières scientifiques non médicales – mathématiques, biologie, etc. – mais également des étudiants de filières non scientifiques – histoire, philosophie, etc. – pourront accéder aux filières médicales à l’issue de leur Licence 2, de leur Licence 3 ou encore de leur Master.

La condition sine qua non à cette passerelle ? Que les notes de ces étudiants soient particulièrement bonnes, d’abord, mais aussi et surtout que ces étudiants aient suivi une “mineure santé” en parallèle de leur discipline. Les étudiants réorientés en licence généraliste après un échec en Portail santé pourraient également suivre cette mineure.

Visant à favoriser la diversification des profils, ce point de la réforme irait donc dans le sens des expérimentations d’alternatives à la PACES menées depuis quelques années, à l’instar d’AlterPACES, recrutant les meilleurs éléments des licences scientifiques sur dossier et entretien.

Selon L’Obs, les universités se seraient engagées à recruter via cette voie environ un tiers des étudiants en deuxième ou troisième année.Le groupe de travail se refuse à présenter cette mineure santé comme une voie d’accès de seconde zone aux études médicales. Bien au contraire, la filière sera présentée sur la plateforme Parcoursup comme une voie normale d’accès aux études médicales et paramédicales, tout comme le Portail santé. Objectif affiché : désengorger ce Portail santé pour ne pas reproduire les erreurs de la PACES.

 

Que signifie l’expression “numerus apertus” et comment va-t-elle remplacer le numerus clausus ?

Dans le cadre de la réforme des études de santé, une expression avait été relayée par Clara Bonnavion, la présidente de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) : celle de “numerus apertus“. Le groupe de travail semble avoir adopté cette pratique au détriment de l’actuel numerus clausus.

Le principe ? Donner à chaque université une fourchette assez large permettant de se positionner entre un chiffre plancher et un chiffre plafond concernant le nombre d’étudiants acceptés en études de médecine.

Dans la pratique, les quelques étudiants dont le niveau sera jugé comme suffisant pour poursuivre des études médicales, mais qui n’auront pas obtenu des résultats suffisants pour s’intégrer au chiffre plancher fixé par l’État, pourront être “repêchés”.

Ce numerus “ouvert” offre donc une marge de manœuvre nouvelle aux facultés. Cette nouvelle régulation est faite non pas pour augmenter radicalement le nombre de professionnels de santé, mais pour s’adapter aux besoins régionaux et départements (autrement dit lutter contre les déserts médicaux).